La COVID19 est-elle en train de nous faire perdre la raison?

Je ne sais pas pour vous, mais pour moi j’étais certain jusqu’à l’arrivée de la COVID19 qu’il y avait dans cette belle province du Canada qu’est le Québec ±80 % de personnes capables de faire preuve de pensée cartésienne et ±20 % de personnes incapables d’en faire preuve. S’il y a une chose que j’ai apprise en 2020, c’est que j’étais complètement dans le champ. Par pensée cartésienne je pense à 2 + 2 = 4 et non 2 + 2 = dépend de mes croyances ou de ce que je veux que cela égale pour mon petit moi. La COVID19 m’amène à croire que les pourcentages sont bons, c’est le libellé qui est faux. Il y a 80% de non cartésiens, de me, myself and I.

Au bord de la rupture à force d’écouter les personnes s’exprimer sur les médias, d’attendre les pours les contres, je me posais la question, mais que nous arrive-t-il en 2020. Si une personne dit que le soleil se lève à l’est, un groupe se forme pour dire qu’il se lève au sud, un autre proclame à l’ouest et certains pour dire qu’il ne se lève pas du tout ou même que le soleil n’existe pas.

Je pensais que nous étions en train de virer fous, jusqu’à lundi dernier où je suis tombé sur une fable du XVII siècle d’un certain Lafontaine.

Fable de Lafontaine légèrement adaptée

Il était une fois un meunier et son fils partant vendre leur âne à la foire. Afin que la bête fût plus fraîche et de meilleure apparence, ils lui lièrent les pattes, le suspendirent à une grosse branche et le portèrent comme un chevreuil.

La première personne qu’il rencontre chemin faisant s’éclate de rire et leur dit : « Le plus âne des trois n’est pas celui qu’on pense. » Le meunier, reconnaissant l’absurde de la situation détache l’âne et assis son fils sur la monture.

Arrivant à la croisée des chemins notre trio croise trois bons marchands. Le plus vieux d’entre eux semonce le fils du meunier en ces termes : « Jeune homme vous n’avez pas honte ? Descendez et laissez le pauvre vieux profiter de cet âne. » Ce qui fut dit fut fait.

Continuant leur chemin ils croisent trois filles. L’une d’elles s’écrie « Quelle honte de voir ce pauvre petit obligé de marcher quand ce grand nigaud fait le veau sur son âne et pense être bien sage ! » Le meunier réalisant qu’il a de nouveau tort fit monter son fils sur l’âne derrière lui.

Au bout de trente pas, il croise une troisième troupe qui trouve encore à redire. L’un d’eux s’écria : « Ces gens sont fous ! La pauvre bête n’en peut plus, il mourra bientôt d’épuisement. Cela n’a pas de sens de charger ainsi cette pauvre bourrique ! » Découragés, le meunier et le fils descendent de l’âne et décident de marcher à côté.

Rien n’y fit. Ils croisent un autre homme qui en les voyant tous les deux marcher à côté de leur bête s’écrie : « Est-ce une nouvelle mode que la monture aille à l’aise et qu’un vieux soit obligé de marcher à ses côtés ? Qui donc est le maître de l’âne ? Je lui conseille de le faire abattre. »

Le meunier s’adresse alors à son fils : « Je suis bête, il est vrai, j’en conviens et je l’avoue ; mais dorénavant que l’on me blâme ou que l’on me loue ; qu’on dise quelque chose ou qu’on ne dise rien, j’en veux faire à ma tête. » Il le fit, et fit bien.

Et alors

Rassuré par le fait que même au XVII siècle il était impossible d’échapper à la critique et d’obtenir un consensus sur la façon d’amener un âne à la foire, je me suis posé une autre question : Le meunier étant le décideur (dirigeant) sur la façon dont l’âne devait être amené à la foire, quelle aurait été, pour le meunier, la bonne façon de choisir la méthode ?

Et vous, comment auriez-vous procédé pour trouver la bonne méthode ?

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