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Décision – Si on changeait d’angle de vue.

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Décision – Si on changeait d’angle de vue.

Charles Dugas

L'angle de vue

Regardez le dessin de gauche pendant 1 à 2 secondes, puis revenez à ce texte.

L’image que vous y voyez représente-t-elle une jeune femme ou une femme âgée? Dans les faits, ce dessin contient les deux images. Maintenant, retournez examiner l’image plus attentivement, prenez votre temps.

Eh oui, l’image représentant chacune d’elle est dans ce dessin. Mais chacune d’elle apparaît selon votre angle de vue.

Lorsque vous prenez une décision, celle-ci découle de l’image que vous avez de la situation et cette image dépend de votre angle ou de vos angles de vue sur la situation concernée.

Mise en situation

Laissez-moi vous raconter une petite anecdote concernant une discussion entre moi et mon ami Ted. Ted était à ce moment vice-président du marketing pour une très grosse firme de vente et de location d’imprimantes multifonctions.  
Note : Le nom deTed est bien sûr fictif, mais mon ami est bien réel.

L’histoire se passe un samedi soir à une époque lointaine où les gens pouvaient se rencontrer, sans risquer leur vie, autour d’une table pour un repas entre amis:

– Et puis Ted, comment ça va au boulot?
– J’ai eu une semaine désagréable et en plus il va me falloir congédier un représentant, me répond Ted en regardant son assiette.
– Qu’a-t-il fait pour que tu en arrives là? Ce n’est pas ton style.
– Il a fait une erreur qui va nous coûter ± 25 000$ dans un contrat de location d’imprimantes multifonctions. Le contrat est de 300 000$CA. Le client ne veut rien savoir. Pour lui signé, c’est signé! Ma décision est prise, je le vire lundi.

J’entends d’ici vos calculatrices, 8,3% de pertes. « Demande-lui comment il se fait qu’il ne soit pas déjà mis à la porte. » Stop, laissez-moi finir mon histoire. Mon ami Ted avait tellement l’air dépité, que je me suis senti obligé de dire quelque chose :

– Est-ce un vendeur d’expérience? m’a alors semblé être appropriée comme question.
– Non, c’est un représentant junior. Ça fait un peu plus de huit mois qu’il est avec nous, me répond Ted.
– D’après toi, c’est erreur commise par négligence, étourderie?
– Je dirais plutôt une erreur de négligence, il n’a pas suivi, à la lettre, le guide de calcul des consommables pour un contrat de trois ans.

Stop! Je vous entends encore : « Mais on n’en a rien foutre du genre d’erreur. Une perte de 8,3% c’est énorme! » Mais, non de Dieu, vous êtes incorrigibles! Allez-vous me laisser finir mon histoire?

– Est-ce qu’il sait qu’il a commis une erreur de 25 000$ au moins?
– Et comment, tu aurais dû entendre le sermon que je lui ai fait hier. J’espère qu’il va m’apporter sa démission lundi matin, me répond Ted plutôt fier de lui.
– Penses-tu qu’il va essayer de se trouver un autre emploi dans la même branche?
– Je crois, il aime ce créneau de vente. Il va certainement trouver une autre firme.
– Un compétiteur, tu veux dire?
– Oui, après tout il a quand même fait huit mois avec nous.
– En plus, il connaît vos produits. Leurs forces et leurs faiblesses. Tu as raison, il devrait pouvoir se trouver un emploi chez un de vos compétiteurs, lui répondis-je sans sourire.
– Nous aurions dû lui faire signer une clause de sécurité à cet effet, me répond Ted.
– Et en plus, cela ne vous rapporte pas vos 25 000$ perdus. Situation merdique. J’espère pour lui qu’il ne fera pas ce genre d’erreur chez un de tes compétiteur.
– Ça, tu peux en être certain. Tu aurais dû voir dans quel état il était en sortant de mon bureau hier. C’est simple, j’ai eu de la peine pour lui.
– Si au moins tu pouvais passer cette perte dans tes frais de formation. Bon Ted, parlons d’un sujet plus plaisant. Comment va ton golf?

 Le lundi matin suivant, j’ai eu la surprise de recevoir un appel de mon ami Ted:

– Salut Charles.
– Salut Ted, que me vaut cet honneur un lundi matin?
– Je voulais te dire que j’ai refusé la démission de mon représentant. Lorsqu’il m’a apporté sa démission, je lui ai demandé :
– Penses-tu demeurer dans la vente de photocopieurs?
– Oui, je vais essayer de trouver un autre poste. Pourquoi, allez-vous me faire un mauvais dossier?, m’a-t-il demandé.
– J’y ai songé, mais non! Penses-tu refaire une erreur semblable dans ton nouveau poste?
– Je vais faire tous mes devoirs pour l’éviter. J’ai commis une grosse erreur par excès de confiance.
– Luc, je ne peux pas accepter ta démission. Tu viens de me coûter 25 000$ en formation et tu me dois de travailler plus fort pour effacer cette perte. Es-tu prêt à relevé ce défi? que je lui ai demandé.
– Certainement Messieurs! Vous ne le regretterez pas, soyez-en certain, qu’il m’a répondu.
– Bon alors, à l’ouvrage jeune homme. Le temps c’est de l’argent!

-Charles, tu aurais dû voir sa réaction de surprise. Il n’en revenait pas.
-Je crois que tu as pris une sage décision. L’avenir te le dira. Bon, quel jour allons-nous jouer au golf cette semaine? 

Épilogue

Mon ami est devenu le PDG de la branche canadienne de sa compagnie. Luc, le jeune représentant occupe actuellement le poste que mon ami occupait au moment de cette histoire.

Conclusion

Mon père me répétait « Il faut prendre rapidement les décisions facilement réversibles. Pour les décisions irréversibles, il faut laisser mariner la sauce au moins 24 heures tout en la remuant de temps en temps. » Pour les décisions difficilement réversibles et irréversibles, j’ajouterais : pour avoir plusieurs angles de vues, en parler avec une ou des personnes en dehors de la boîte. Pourquoi une personne en dehors de la boîte? Rappelez-vous l’incident de la baie des Cochons, Cuba.

Je vous souhaite de passer une très bonne journée.

Charles,

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