mai 22

Consultants-Un paradigme vicieux à leur égard

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Consultants-Un paradigme vicieux à leur égard

Charles Dugas

Définition usuelle d’un consultant

Si vous cherchez la définition de consultant sur le web, vous risquez fort de tomber sur la description suivante: 

Un consultant est une personne qui intervient auprès d’entreprises ou d’organisations pour y analyser et résoudre des problèmes ponctuels. Il peut opérer dans des domaines très variés. Il conseille les décideurs sur les améliorations à apporter. Il analyse leurs problèmes, prescrit des solutions adaptées et accompagne leur mise en place.

Paradigme

Prise au pied de la lettre cette définition contribue à répandre la croyance qu’un consultant est un expert qui livre, en contrepartie d’une rémunération, des solutions adaptées aux problèmes de ses clients.

Bien sûr en cherchant bien, un dirigeant amateur pourra louer les services d’un consultant tout équipé (full equip) venant avec la solution à son problème. Certains modèles viennent même avec l’option « laisser nous implanter la solution à votre place ». Option qui permet au client d’occuper son temps à des tâches plus importantes. La seule obligation de celui-ci sera de payer la facture dès réception.

Est-ce que la solution sera bien adaptée à ce qui fait problème? Est-ce que les acteurs du système seront partie prenante de la solution? Est-ce qu’après le départ du consultant, le dirigeant saura actionner les leviers mis en place? J’en doute fort!

Le bon côté de cette stratégie est que si le problème persiste ou s’il grossit, le dirigeant pourra porter la faute sur l’incompétence du consultant ou sur le manque de coopération légendaire du système concerné.

Mon opinion

Je n’adhère pas à ce paradigme. Mon opinion, et je suis certain que la majorité des dirigeants professionnels la partage, est que l’éthique de tout bon consultant se résume comme suit:

Un consultant doit:

  • proposer un processus ou une façon de procéder, plutôt qu’une solution;
  • examiner avec son client le bien-fondée de l’intervention avant de s’engager dans la formulation d’un projet;
  • éviter d’amorcer un processus d’aide s’il n’y a pas eu, au préalable une entente claire;
  • favoriser une démarche de faire faire, ou apprendre à faire, au lieu de faire à la place de ou de faire pour;
  • susciter la créativité dans la recherche de solutions, de correctifs ou de piste de développement;
  • faire en sorte que le changement souhaité devienne important pour l’ensemble des acteurs du système en cause.
Référence: Yves St-Arnaud et ass. (2003), Profession : consultant 4e édition, Gaëtan Morin éditeur, page 63

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